Manifeste

Depuis plus de dix ans, l’Atelier travaille dans une semi clandestinité, en France à Paris et en Italie à Vicopisano où nous passons les mois d’été depuis le voyage inaugural de 2003 dans le cadre de la Villa Médicis hors les murs.

Ce théâtre que nous rêvons, nous lui avons déjà donné corps, à plusieurs reprises. Mais nous manquent aujourd’hui la continuité, la permanence. En France la recherche théâtrale existe difficilement ; elle est le fruit d’expériences solitaires, marginales, sporadiques.

Voilà dix ans que nous nous battons pour que notre recherche se déploie. Elle a, d’ailleurs, à plusieurs reprises été reconnue, encouragée.

Nous rêvons d’un théâtre de l’intime, qui donne à voir la matière mouvante du vivant.

Théâtre de chambre, comme on le dit de la musique, qui ne s’adresse pas à une masse anonyme de spectateurs, mais qui veut interpeller chacun dans sa solitude.

Pour une pratique contemporaine du théâtre. Pour un théâtre d’art et de création.

Nous avons donc besoin de conditions de travail particulières, certes, mais elles ne sont pas impossibles à inventer, loin de là. Nous le savons.

Il nous faut trouver :

  • un lieu qui soit un atelier, pour chercher, transmettre, donner à voir ; lieu du travail, à nu, dépouillé des habituelles machineries du spectacle ;
  • un temps ouvert, qui puisse permettre l’émergence de ce dont on ne peut pas faire projet : l’inconnu, horizon de toute création véritable.
  • des moyens financiers.

Nous souhaitons rencontrer ceux qui pourraient, avec nous, donner corps à ce rêve de théâtre patiemment élaboré au fil des ans, lui donner vie, c’est-à-dire vie pour les autres, les spectateurs.