Un itinéraire
1981   1987   1993   1997   2003   2008
1981
Intérieur Sillem
En mai 1981, Emmanuel Ostrovski et Jean-Daniel Magnin créent la compagnie Intérieur Sillem.

Le questionnement sur la relation à l’espace et sur la place du spectateur est central et donne lieu à plusieurs spectacles : Esanetor, dans une usine désaffectée en 1981 ; une étrange cérémonie-soirée, tissée de Mallarmé (Un tombeau pour Anatole) et de chant schumanien, à laquelle sont conviés 12 spectateurs dans un hôtel particulier, co-réalisée avec le Théâtre de la Bastille ; la 11ème heure, spectacle déambulation dans les murs de l’Hospice Saint Louis produit par le Festival d’Avignon, à l’initiative de Bernard Faivre d’Arcier, en 1984.
Le travail se concentre sur l’écriture contemporaine. Rencontre et compagnonnage pendant deux ans avec Enzo Corman. En 1983, Credo est créé au Théâtre de l’Athénée, suivi d’un large succès public et critique : « L’actrice Françoise Bette, avec peu de gestes, semble s’arracher les paroles une à une, comme autant de lambeaux de peau intérieure. Un acte de violence délibérément retourné contre soi ; le comble de l’art, sans aucun doute. » L’Humanité. Fabienne Pascaud écrit dans Télérama : « Rarement la représentation théâtrale avait osé entraîner le spectateur dans pareil univers. Trop dérangé pour être voyeur, il erre dans l’indicible. »

Vient alors le désir de s’écarter de certains impératifs liés à la production, et celui de créer un atelier pédagogique.


1987
Atelier de la Bastille
Emmanuel Ostrovski dirige l’atelier de la Bastille, lieu de rencontre avec de jeunes acteurs. Deux spectacles sont issus directement de ce travail pédagogique :

Lettres à mon homme inventé de Dominique Charmelot à la Ménagerie de Verre à Paris et aux Théâtre des Bernardines à Marseille. « Béatrice Houplain arpente un espace vide et blanc, cerné d’ombres et de lumières pâles, imperceptiblement étranges » écrit Odile Quirot dans Le Monde. « L’actrice, digne de ce qu’attendait Antonin Artaud du théâtre est vraiment comme une suppliciée qu’on brûle et qui fait des signes sur son bûcher. » écrit Catherine Berthomé.
Andromaque de Racine, à la Ménagerie de Verre.

Dès lors, espace pédagogique et espace de création sont intimement liés.


1993
Passage 
Un « nouveau continent » s’ouvre : le travail d’Emmanuel Ostrovski ne cesse de s’écarter des chemins balisés du théâtre.
Avec Eric Feldman et Xavier Lemarchand, chantiers, lectures, spectacles alternent avec intensité et sont traversés par les écritures de Péguy, Pasolini (un spectacle Meeting au Centre Culturel Suisse), Artaud-Rivière (une Subversion incandescente dans une ferme abandonnée), Jean Grosjean (Kleist), Robert Antelme (L’espèce humaine), Marguerite Duras (La maladie de la mort).
Emmanuel Ostrovski et son équipe vont loin dans la recherche du verbe : surgie de l’écriture, forgée, déposée dans le corps. C’est la rencontre avec Lambeaux de Charles Juliet. Prégnance charnelle, jusqu’au « vacillement à la limite du supportable » écrit Mathilde La Bardonie dans Libération qui repère là un « aboutissement » : « Charles Juliet, à l’état pur. On ressort anéanti de la première partie du spectacle […] en sa justesse désespérée. »


1997
Atelier permanent de recherche théâtrale
Dans la continuité des années 1993-1996, une métamorphose intervient. Elle naît de la rencontre avec de jeunes acteurs qui rêvent et cherchent un inconnu théâtral : la relation metteur en scène/acteur est à ce point transgressée par ces nouvelles rencontres qu’elle permet d’inventer un théâtre inédit, d’interroger une autre relation à l’écriture, au corps, à l’espace et au temps : un autre processus de recherche.
Emmanuel Ostrovski affirme alors sa voix la plus singulière : une matière théâtrale fluide et troublante, archaïque par instants, incertaine et rigoureuse, qui ouvre et perturbe les sens, les perceptions du spectateur devenu témoin-participant d’un acte de vie.

L’Atelier permanent de recherche théâtrale est fondé en 1997, en compagnie de Joseph Rottner.

1- RECHERCHES
Fragments d’exil, Gustave Roud dans une friche industrielle en banlieue et dans divers lieux. Depuis cette date, l’écriture de Gustave Roud demeure le centre du travail de l’Atelier.
Lectures publiques : Gustave Roud, Louis-René Des Forêts, Georg Trakl, Paul Celan, André du Bouchet...

2- CREATION
En 2001, Oreste de Yannis Ritsos à l’Usine Liquide, à Aubervilliers. Six mois de travail et deux séries de représentations : l’une au printemps, l’autre à l’automne. // présentation


2003
Villa Médicis hors les murs
Emmanuel Ostrovski est lauréat Villa Médicis hors les murs pour le projet « Figures du Christ, le relèvement du corps. »

Voyage en Italie de l’Atelier - juillet à décembre 2003
Séjour en Toscane, à Vicopisano, où l’Atelier retournera chaque année pour travailler dans une grande demeure.
Fondation de la relation peinture – théâtre. De Duccio au Caravage, de Piero della Francesca à Morandi…
De la lumière des fresques toscanes à celle des temples grecs de Sicile. Rome, Venise…

Toscane (Vicopisano) été 2004
Recherche sur le relèvement du corps : 2e étape.
Retour à l’écriture de Gustave Roud.
Premières photographies du travail.


Université de Compiègne  1er, 2 et 3 juin 2005
Un garçon, un jour d’hiver
Dernières lettres des jeunes résistants fusillés (1941-1944)
9 acteurs et 1 musicien (Atelier permanent et jeunes acteurs étudiants, mêlés).
Avant de tomber, un matin, à l’aube, il écrit une lettre à sa mère, à son père, à un frère. Toi, né dans la grisaille des années 80, lui, né au cœur des années 20, si proche, si loin. Sa voix te parvient, sa voix doit nous parvenir par ton corps. Ses mots ressuscitent dans ta voix. Ses mots résonnent en nous par ta voix. Tu es son enfant, son fils éternel, son enfant non-né, son héritier.

Toscane (Vicopisano)  été 2005
Recherche sur le relèvement du corps : 3e étape.
Travail Photographique.
Poursuite du travail sur le relèvement et la relation peinture – théâtre.  Composition du spectacle « Andrea ou le chemin de Vico, une élégie d’été » à partir de l’écriture de Gustave Roud.
Photographies nées au cœur du travail théâtral : une expérience qui  rejoint la recherche théâtrale, une photographie de l’action déployée dans le temps.

Lavoir Moderne Parisien 11 et 12 novembre 2005
Lecture/Concert Les Limbes de Luc Boltanski
Musique de Franck Krawczyk
Rencontre avec le compositeur Franck Krawczyk – lecture à 3 voix récitantes, basson, orgue indien.

Esperluette 9 décembre - 20 janvier 2005-2006

Exposition de photographies La nuit froide et dure
En parallèle, s’est développé un travail de recherche photographique sous l’impulsion de Joseph Rottner : comment traduire le « geste » théâtral en photographie ?


La Générale 4 et 5 mars 2006

Élégie, un chant d’hiver   // présentation
Cette élégie est la face hivernale du chant d’été que nous voulons créer en Italie (septembre 2006) : Andrea ou le chemin de Vico, une élégie d’été.
Un homme jeune et sans âge vit ici, à l’écart du monde, dans un modeste sanctuaire déserté. Il murmure d’étranges vocables étrangers. Il est seul.
Il est le corps de cette élégie : doux chant de la mélancolie, de l’absence.
Un tressaillement au fond de son corps… il entend une voix, la sienne.

Mains d’œuvres (St Ouen) 31 mars 2006

Concert/performance traces, traces  // présentation
Éden, Éden, Éden, de Pierre Guyotat
Avec le groupe de musique expérimentale « Lola Granit » (Sébastien Saint Lézin).
« Un grand espace noir dans lequel se font face, distants de toute la longueur, les musiciens et les récitants. Un dialogue, qui restera inachevé. Notre regard passe de l’un à l’autre, tandis que nous entendons la performance à la fois musicale et langagière. [...] le corps happé par les sons tant du texte que de la musique. Exaltation, confusion. »

Théâtre du Châtelet 22 avril 2006

Les Limbes de Luc Boltanski.
Musique de Franck Krawczyk
Spectacle de Christian Boltanski et Emmanuel Ostrovski
Cantate pour trois voix (l’Atelier), basson (David Douçot), pour orgue indien et mezzo-soprano.
« Dans ce ‘concert de voix dans un lieu utopique’, on retrouve effectivement le récitatif (un trio d’acteurs accompagné par un orgue indien en guise de continuo), l’arioso (début du chant du voyageur accompagné d’un basson), le solo (la cantatrice italienne)... » Libération
« Attendre, sans savoir vraiment ce que l’on attend ni ce qui vous attend ; attendre, sans même désirer, est peut-être
aujourd’hui au cœur de notre condition.
Les limbes contiennent des êtres qui attendent d’être sélectionnés. Ou qui, la sélection une fois faite, ont été rayés de la liste, ou encore placés sur une liste d’attente. Difficile de dire s’ils attendent encore ou s’ils n’attendent plus. S’ils sont morts ou vivants.
Le Voyageur, parcourant leur monde, découvre leur présence. Sur son passage, leurs voix prennent corps, puis s’évanouissent, sans se répondre. »

Lavoir Moderne Parisien II 27 et 28 mai 2006

Lecture/Concert Absences et Actus Tragicus (JS Bach)
Musique de Franck Krawczyk
« Pour faire partager au mieux ce questionnement de musiques qui vivent en permanence dans sa mémoire, Franck Krawczyk a également reconsidéré leur mode de diffusion [...] Tous les six mois, il rend compte au Lavoir moderne parisien de l'évolution de son opéra […].Au programme de la session du samedi 27 mai, une lumineuse version de la cantate Actus tragicus de Bach avec surimpression de paroles... » Le Monde
Actus Tragicus, cantate de J.S. Bach, transcrite pour voix récitantes et instruments.
Absences, texte de Cécile Buffet, musique de Franck Krawczyk.

Toscane (Vicopisano) été 2006

Andrea ou le chemin de Vico, une élégie d’été
Travail sur le spectacle dans la demeure où nous séjournons et travaillons depuis 2003.


Paris, dans l’atelier de Franck Krawczyk, mai 2007
Elégie de printemps, Cahiers de Voronej de Ossip Mandelstam
En collaboration avec le compositeur Franck Krawczyk

Toscane (Vicopisano), été 2007

- Via San Jacopo, 7
Atelier d’été pour jeunes acteurs professionnels et débutants
Autour des récits de Jean Grosjean, la naissance de la parole…
- Andrea ou le chemin de Vico, une élégie d’été
Poursuite du travail, en atelier fermé, sur le relèvement du corps et l’écriture poétique. Ebauches d’un spectacle sur Stries de Antonio Ramos Rosa.


2008
France Culture, Atelier de Création Radiophonique (ACR), 2 mars 2008
Les Limbes de Luc Boltanski   // présentation  // écouter un extrait
Musique de Franck Krawczyk
Concert public et diffusion en direct du studio 105 à Maison de Radio France.

Paris, dans l’atelier de Franck Krawczyk, avril 2008
Elégie de printemps, Cahiers de Voronej de Ossip Mandelstam   // présentation
En collaboration avec le compositeur Franck Krawczyk
Nouvelle version pour un acteur, une voix enregistrée, un piano.

Ivry sur Seine, dans le grand salon d’une maison bourgeoise, mai 2008
Première élégie de Duino de Rainer Maria Rilke (traduction Philippe Jaccottet)  // présentation
Improvisation publique pour un acteur.

Toscane (Vicopisano), été 2008
1- Fragments d´exil, film   // informations
Emmanuel Ostrovski réalise un film inspiré du travail de l'Atelier et de l'acteur Joseph Rottner, accompli en Italie depuis La Villa Médicis Hors les Murs de 2003, en collaboration avec Xavier Sirven et des étudiants de la FEMIS.
2- Le chemin de Vico, une élégie d'été
Poursuite du travail, en atelier fermé, sur le relèvement du corps, en vue des présentations du spectacle au Château de la Roche Guyon, et sur l’écriture poétique (Gustave Roud, Jean Grosjean, Antonio Ramos Rosa, Rainer Maria Rilke…)


Château de la Roche Guyon (Val d’oise), septembre 2008
Le chemin de Vico, une élégie d'été  // présentation
Résidence, à l’invitation d’Yves Chevallier, et présentations publiques dans les communs du château.
Première version publique de ce long travail sur le relèvement du corps.


Salons de Boffrand de la Présidence du Sénat, Paris, 2 février 2009
Ici, cet été  // programme
Concert-lecture proposé par le compositeur Franck Krawczyk, avec le Trio Kang.


Festival « Piccoli fuochi », théâtre de Buti (Toscane), juin 2009
Achille sous le figuier, mon Achille est mort   // présentation
Spectacle pour deux acteurs (Alexandre Machu et Joseph Rottner), sur le poème Mnémosyne de Hölderlin.
Projections vidéo, avec des images tournées à Vicopisano en 2008. Régie image et son : Xavier Sirven.
Le poème de Hölderlin "Mnémosyne" est emblématique de ce qui est à-venir dans notre recherche, et dans ses developpements hölderliniens.


Au second étage de la maison de Roberto Bacci à Vicopisano (Toscane), juillet 2009
Elégie d'été
Spectacle pour deux acteurs : Cédric Beaumin et Joseph Rottner.
Dans le lieu même où nous avons tant travaillé depuis 2003 : structures improvisées avec les mots de Gustave Roud.


Tournage de compléments pour « Fragments d'exil », mi-juillet à début août 2009.
Fragments d´exil   // informations
Avec Xavier Sirven et Laurent Navarri (FÉMIS)


Ouverture du laboratoire au sein de l'Atelier Permanent de Recherche Théâtrale, 5 et 6 décembre 2009
Un lancement sous le signe de la rencontre...   // présentation


5 sessions du Laboratoire avce de jeunes acteurs, au sein de l'Atelier,
À Paris et au château de la Roche-Guyonn, janvier à mai 2010.

// lettre d´information et prochaines dates
Certains d'entre eux nous rejoindront à Vicopisano en août.


Toscane (Vicopisano), été 2010
1- Stries, d'Antonio Ramos Rosa
25 poèmes d'Antonio Ramos Rosa tissés avec une musique originale de Mathieu Bonilla qui accompagne et suit en direct le trajet de Joseph Rottner récitant un à un chaque poème.
2- Fragments d´exil, film (Montage)   // informations
Début du travail de montage avec Joseph Rottner.
Ce travail se poursuivra plus d'un an. Durée du film : 2h25.